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Saturday, January 8, 2011

Les Mamelles de Tirésias na Opéra Comique, ou que Poulenc seja cego, surdo e mudo!


Há 2 anos pude participar numa producção de «Les Mamelles de Tirésias», ópera de juventude de Francis Poulenc, bastante pouco conhecida. Esta obra é uma pérola musical, e o libreto do compositor baseado nos textos de Guillaume Apollinaire, uma loucura divertidissima!
Hoje pude assisitir, na Opéra Comique, em Paris, onde em 3 de Junho de 1947, foi criada pela primeira vez esta obra, a uma nova producção... e perceber porque é que esta obra continua a ser desconhecida, mesmo do público francês, e tão pouco apresentada e representada.
Como a ópera em si é curta, decidiram criar um formato «Soirée Dada», preludiando a obra em si com a «Jazz Suite Nº1 – Foxtrot» de Dimitri Chostakovitch, e o ballet «Le Boeuf sur le Toit» de Darius Milhaud... soirée que quanto muito terá posto Poulenc a dar voltas no caixão!
A escolha da encenadora, cenógrafa e figurinista Macha Makeïeff foi de ambientar a acção deste “assemblage” num circo.
Num principio parecia ser interessante, e algumas ideias realmente o eram... mas do foxtrot ao ballet, que de ballet só tinha o boeuf: um boi real que saíu a dar uma volta em cena... chega-se à ópera em si com expectativas que não são para nada alcançadas!
A personagem tripla Thérèse/Tirésias/Cartomancienne, protagonista feminina por excelência, é cantada por Hélène Guilmette, bonita soprano, cuja voz não chega para dar corpo a esta mulher forte e decidida, que grita o seu feminismo a coração aberto. Uma voz pequena e com dificuldades nos agudos, que abundam na partitura, mas quase poderiamos esquecer estas limitações devido à sua entrega fisica e interpretativa ao papel! (Ainda assim, é uma pena que não seja mais audível!)
Ivan Ludlow é um magnífico Le Mari, assim como Werner Van Mechelen está excelente no papel duplo de Le Directeur/Gendarme, apesar de que muitas vezes duvidamos de algumas escolhas musicais na maneira de cantar o papéis... dúvidas que nos atravessam durante toda a obra, com a maioria das personagens...
O dueto Lacouf e Presto está muito bem representado por Loïc Felix e Christophe Gay, a quem não há nada a dizer para além de «Bravo»!
Mas as felicitações acabam-se por aqui. Os três papéis secundários restantes (para além das outras participações por parte de membros do coro) não encontram voz nos seus intérpretes: tanto Le Journaliste de Thomas Morris, como Le Fils de Marc Molomot ou La Marchande de Journaux de Jeannette Fischer são personagens que vivem apenas pela sua interpretação teatral, pois vocalmente não se ouvem (e não é porque a música não esteja escrita), ao ponto de pensarmos se são actores ou cantores os que as interpretam!
É verdade que a encenação circense de Macha Makeïeff exigia de todos uma intensidade fortíssima, mas é uma pena que da participação de Jeannette Fischer seja bastante mais memorável a sua espargata do principio, que o seu papel cantado!
O Coro (da Ópera de Lyon) esteve exemplar na sua entrega teatral, e talvez o mais interessante do espectáculo é a surpresa de ver que os actores em cena desde o principio eram também os cantores.
Mas a encenação circense, ainda que com alguns momentos interessantes, não serviu a obra de Poulenc, e o mais memorável da soirée é o bailarino negro que aparece vestido como Joséphine Baker – real protagonista do «changement de sexe» (pois nem Thérèse/Tirésias nem Le Mari sofrem realmente uma transformação como propõem Poulenc e Apollinaire!)!
Para os amantes de Poulenc e de «Les Mamelles de Tirésias» esta producção é penível e sofremos ao ver-la e ouvir-la... e para os que queiram descubrir esta obra, não nos resta mais que aconselhar-vos a esperar que haja alguma reposição de outra producção (como a de Emilio Sagi) ou que se faça uma nova!

Saturday, September 22, 2007

BECKETT EN LSF* ET MUSIQUE


« Play back: Les Berceuses » est une de ces pièces atypiques où se mélangent danse, musique, vidéo, théâtre et… langue des signes.
Pendant une heure, Lucie Lataste (danse, langue des signes, écriture), Eugénie Ursh (violoncelle, compositions) et Romain Quartier (illustrations sonores et super 8) – sans que déméritent la régie son et super 8 de Jean-Pierre Santos et la création lumière de Stéphane Rouaud – nous plongent dans un univers largement inspiré de l’œuvre de Samuel Beckett.
Un univers un peu sombre, mais qui petit à petit gagne en brillance, toujours plein d’une beauté généreuse et sensible.
Mais la spécificité de ce « Play back: Les Berceuses » de la Compagnie Groupe Go (et du travail de Lucie Lataste) est l’envie de rendre accessible le spectacle vivant aux Sourds (vous vous imaginez qu’un Sourd allant voir une pièce de théâtre traditionnel, tirera probablement peu d’un spectacle majoritairement basé sur la communication verbale !), mais aussi de rapprocher les Entendants à une Langue et Culture aussi riches que celle des Sourds.
Et chapeau !
Par tout simplement la distribution de ballons de baudruche avant le spectacle et avec l’indication de les gonfler et les tenir entre les mains, la Compagnie Groupe Go propose de ressentir les vibrations de la musique, partie qui a autant d’importance pour le spectacle comme la partie visuelle (danse, langue des signes, vidéo…).
Et si vous connaissez rien à la LSF*, ne vous inquiétez pas et laissez vous prendre tout simplement par la beauté du geste.

*LSF: Langue des Signes Française

« Play back: Les Berceuses »
Compagnie Groupe Go & Alef Production
Du 18 au 29 Septembre 2007, 21h
Au Théâtre du Grand Rond, Toulouse

http://www.groupe-go.blogspot.com/
http://grand.rond.free.fr/

Saturday, August 25, 2007

«LE(S) JEUNE(S) HOMME(S) ET LA MORT»


XINUM : «formation à géométries variables autour d’un directeur artistique : Sergio Piterbarg» présentait le 8 et 9 décembre 2006, à la MJC Roguet (qui accueille en résidence permanente le projet artistique XINUM) sa dernière création, «Modal Insight» 2.
Sergio Piterbarg s’est entouré cette fois du pianiste italien Stefano Genovese, du baryton Pierre-Yves Binard et du danseur-chorégraphe Pierre Meurier.
Une salle à penne remplie avec 35 personnes environ, a découvert un trio (Sergio Piterbarg n’étant pas sur scène) d’une grande inventivité, pour un spectacle d’une démarche très contemporaine.
La salle s’ouvrait pour un «échauffement» musical : 3 cercles de lumière avec
1) le pianiste assis devant son piano à queue, déjà lancé dans une composition simple accompagnant
2) le baryton Pierre-Yves Binard, au milieu, dans des vocalises qui évoluaient entre ce qu’on pourrait décrire comme un échauffement vocal et des sonorités qui rappelaient parfois le Brésil,
3) un corps allongé par terre, que petit à petit se remet sur ses pieds, dans une attitude apparemment distante, mais surveillante.
Le public est tout de suite captivé par l’expressivité de Pierre-Yves Binard, qui s’engage dans une «parafernalia» sonore qu’il accompagne avec son corps et visage. Sa belle voix de baryton se montre également à l’aise dans des registres plus aiguës, et a une flexibilité qui lui permet de jouer dans des styles très différents. Son interprétation engagée nous touche par sa sincérité et sa fraîcheur généreuse.
Pierre Meurier surgit petit à petit de l’ombre, pour la reprendre à nouveau. Sa figure filiforme, paraît sortir directement des films d’animation de Tim Burton «L’Étrange Noël de Mr Jack» ou «Les Noces Funèbres», et il se balade avec des gestes de ses longues mains créant des liens entre les deux musiciens et l’espace noir qui les entoure.
Ces mêmes mains qui parfois esquissent des positions qui nous ramènent à des mudras indiens. Sa présence, qui souvent frôle le macabre, contraste avec cette fraîcheur du chanteur qui est dans une attitude frontal et ouverte face au public, pendant que le danseur, concentré sur l’espace scénique, tisse des liens, comme des toiles d’araignée, tel la figure de la mort. Figure sombre qui se promène, s’approche, hésite, s’éloigne, se rapproche et alors effleure ou touche franchement un de ses compagnons, parfois avec une réaction de leur part, parfois non… mais sa présence paraît manipuler l’évolution du spectacle tel la main de Dieu (ou de Sergio Piterbarg)…
Les sons deviennent autres, par le biais de logiciels, dispositifs informatiques et interfaces sensorielles qu’on devine, Sergio Piterbarg est présent, et son spectacle se déroule en composition éphémère et interactivité en temps réel.
Stefano Genovese utilise, avec maîtrise, son piano comme un xylophone, et le public reste dans la recherche et compréhension de ces nouveaux sons… accompagnés par la voix toujours féconde d’inventivité de Pierre-Yves.
Le «banquet» musical se poursuit autour du piano, ou les trois interprètes explorent ses multiples possibilités sonores, dans une image qui fait penser à trois âmes autour d’un sarcophage grand ouvert.
Pierre Meurier, assis au piano, s’aventure alors dans un échantillon de travail de voix, que nous aurions aimé voir plus développé (mais finalement les musiciens ne ce sont pas beaucoup aventurés dans le mouvement non plus).
Le détail, qui est donné au public de voir les mains de maître des musiciens manipuler les entrailles sonores du piano via le reflet dans l’intérieur de son couvercle ouvert, est magnifique.
Pierre Meurier sort de scène, et plus tard Pierre-Yves et Stefano le suivent, pour lui laisser la place. Il entame alors un solo danse-son (par des interfaces sensorielles).
Ses compagnons le rejoignent plus tard pour un trio parlé (le danseur reste silencieux au milieu, parlant avec ses mouvements amples qui relient encore les autres deux interprètes, dans une espèce de manipulation des énergies), et humoristique : Pierre-Yves nous parle de son repas exotique et épicé de la veille, de sa difficulté de faire le lit le matin, de ses troubles de communication… pendant que Stefano, dans son italien natal va d’une note à six notes et se«plain» des interférences de son collègue danseur qui s’agite le frôlant de prêt avec ses extrémités… jusqu’à que le noir les gagne.

Un spectacle riche en couleurs, malgré les costumes noirs et la pénombre omniprésente (qui pour cela donne une impression ténébreuse), qui amène la musique contemporaine au public, en toute accessibilité.
La multidisciplinarité est en suprématie… et espérons que la transdisciplinarité se développe davantage dans l’évolution du projet de XINUM.

Si vous n’avez pas eu la possibilité d’assister à «Modal Insight» 2, vous avez encore l’opportunité de vous rattraper :
«Modal Insight» 3, les 8, 9 et 10 mars 2007/20h30 à la MJC Roguet
«Modal Insight» 4, en mai 2007
Concert Xinum, en juin 2007

Contacts : prodij1@free.fr; xinum.evi@gmail.com
http://www.mjcroguet.com/; http://www.electropole.net/
credit photographique: Gilou Martinez